Facebook perd-il la face ?

L’année 2017 devait être l’année de Facebook . Le réseau réussissait à tuer le potentiel de Snapchat en lui copiant ces principales features sur Instagram, un nombre de comptes toujours croissants, une hégémonie sur le mobile grâce à son application et Zuckerberg vu comme présidentiable en 2020. Les sites de contenus et les annonceurs semblaient lui manger dans la main grâce à son potentiel de reach. Tout semblait aller pour le mieux pour que 2017 soit réellement l’année Facebook, mais plusieurs phénomènes indépendants, ou presque, fassent vaciller le navire.

L’élection présidentielle américaine

Tout d’abord, rappelons les faits. Donald Trump est devenu président en janvier 2017. Depuis, plusieurs rapports montrent que des groupes russes ont manipulé les élections en utilisant les réseaux sociaux et les résultats de recherches. Même si d’autres réseaux ont été éclaboussés par cette manipulation, Facebook semble avoir les plus grandes critiques.

De plus, comme le prouvent certaines vidéos, la communication autour des évènements et de la passivité du réseau social font que celui-ci ait du mal à se défaire de cette image.

Cette mauvaise “publicité”, ainsi que celle entourant les fake news, donnent non seulement une mauvaise image du réseau social, mais ajoute au discrédit autour du contenu que celui-ci propose ou peut promouvoir.

 

Les (mauvais) résultats d’usabilités

Le rapport financier de Facebook indique un chiffre d’affaire en forte progression, un bénéfice record et en très nette progression. Cependant, il comporte plusieurs signaux inquiétants.

Tout d’abord, une baisse nette du temps passé sur le réseau social, celui-ci baisse de 5% en moyenne. Cela impacte et impactera donc la visibilité des publicités et la plupart de celles-ci étant facturé à l’impression, la rentabilité.

De plus, aux États-Unis et au Canada, une perte de 750 000 utilisateurs a été enregistré. Cette tendance peut s’expliquer par le fait que Facebook ne soit pas en vogue chez les plus jeunes, qui lui préfère Snapchat. Peut être s’agit-il également d’une lassitude latente ?

 

Le changement

En conséquence par rapport à ces résultats, Mark Zuckerberg a lui-même présenté des changements sur l’algorithme régissant le fil d’actualité.

L’idée est de donner à nouveau une dimension personnelle au réseau social. Pour cela, il privilégiera les profils aux pages, et les pages locales par rapport aux pages nationales.

Ces changements ne sont cependant pas du goût de tout le monde. Pour les principales pages, il était déjà difficiles d’atteindre plus de 10% de leurs fans sans sponsoriser le contenu. Avec ce retournement, elles voient encore leur reach naturel fondre.

L’impact final ou le Facebook plant !

Comme l’indique les différentes mesures faite sur les principaux sites de contenu, la part de trafic apporté par Facebook est en forte diminution depuis plusieurs mois.

Facebook voit son hégémonie sur le mobile disparaître depuis septembre. Pourtant, pour un annonceur, il s’agissait du principal argument de vente grâce à une vision unique aux travers de la puissance entre les divers appareils que permet l’utilisation de l’application et du site web. Si l’on unifie les différents appareils, la domination de Google est d’autant plus marquantes.

 

Et cette tendance semble s’accroître sur les derniers mois. Entre les polémiques et l’utilisation en baisse, cela est-il dû à une lassitude ?

 

En conclusion, Facebook ne disparaîtra pas tout de suite. Cependant, ils semblent avoir un point où ils doivent remettre en question les bases du réseau social : suis-je pertinent vis-à-vis de mes utilisateurs ? Suis-je pertinent pour les annonceurs ? Comment l’être pour les deux sans me compromettre ?
S’ils n’y arrivent pas, je vois un destin lointain proche de celui de Yahoo!